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07-05-2008
Iron ManCa y est, c'est officiel, la saison est ouverte...
Mais de quoi parle-t-il donc? Météo, chasse, pêche? Pas du tout, vous n'y êtes pas, non non... C'est pourtant évident: avec les beaux jours revient le temps (béni? honni? chacun son avis!) des blockbusters. Et cette année, c'est Iron Man, première production des studios Marvel, qui ouvre un bal dominé par les super héros (on attend en vrac Hulk, Hancock et Batman). Ne pas oublier la règle de base du genre, poser le cerveau dans votre énorme pot de pop corn en entrant dans la salle (ne pas oublier de le remettre à la fin, ça peut toujours servir). C'est bon? C'est fait? Parfait, allons y!
Première impression: malgré les apparences, Iron Man est tout sauf un film d'action. Pourquoi? Parce qu'il n'y a que TROIS malheureuses scènes d'action sur 2h05 de film et que la scène finale manque cruellement d'un climax digne de ce nom. Parce que (bis) il n'y a pas de grand méchant digne de ce nom: un bad guy sauce US trop caricatural et trop évident et un chef de clan afghan particulièrement falot (au passage, il faut souligner à quel point les enturbannés de tout poil ont remplacé le russe communiste en tant qu'ennemi dans l'imagerie populaire américaine)
Mais alors, Iron Man c'est quoi? Et bien, c'est un mélange plutôt bien dosé entre quête initiatique et comédie pure. Même si la rédemption du marchand d'armes est totalement simpliste, même les tirades pseudo-philosophiques sont consternantes, il faut bien avouer qu'assister à la transformation de Tony Stark en Iron Man est assez jouissive. D'essais infructueux en fulgurance technologique, l'armure du super-héros se construit petit à petit sous nos yeux ravis.
Et pourquoi ca marche? Grâce à la riche idée de Jon Favreau d'imposer à tout prix Robert Downey Jr dans le rôle principal. L'ex-bad boy ingérable ne joue pas Tony Stark, il EST Tony Stark, ce misanthrope alcoolique (côté trop peu exploité ici) et charmeur (quoique côté tombeur, il fait bien pâle figure à côté d'un James Bond). Le charisme, la répartie et la nonchalance feinte de Robert Downey Jr, redevenu soudain bankable, permettent de rendre attachant ce playboy égoïste. A ses côtés, on retrouve - certes avec plaisir - une Gwyneth Paltrow toute rousse en assistante dévouée mais son rôle de potiche n'a rien d'inoubliable. Il est surtout un calque quasiment identique à celui d'Amy Adams dans le récent "La Guerre selon Charlie Wilson". On pourrait intervertir les deux sans se rendre compte de rien. Pour compléter le casting, on retrouve dans le costume du méchant l'acteur incarnant habituellement la coolitude absolu, j'ai nommé Jeff "Lebowski" Bridges dont la ressemblance avec Gene Hackman est ici troublante.
Certes, on sent le marketing tourner à plein et vu la réussite de ce premier opus, une suite (voire une franchise) semble inévitable -pour s'en persuader, il suffit d'ailleurs de rester jusqu'à la fin du générique. Mais pour une première, Marvel signe là un fort honorable blockbuster accumulant certes les poncifs incontournables du genre mais en le saupoudrant d'humour et de dérision bienvenue.
07-05-2008
Rembobinez, merci !Voilà, ça devait arriver... A force de travailler chez un opérateur mobile, j'ai du condenser en moi trop de mauvaises ondes et bim, ça n'a pas loupé, ma dernière critique vient de s'effacer. Je n'ai plus devant moi qu'une page blanche et sa fameuse angoisse... Pourquoi moi? Pourquoi maintenant? Pourquoi justement sur le film de Gondry, Be Kind Rewind (N.B.: je boycotte délibérément le titre français d'une nullité consommée)? Allez, au lieu de me lamenter sur mon triste sort et au péril de ma santé, je ne vois qu'une seule solution: suéder ma critique... Au travail:
Michel est un magicien, un vrai amoureux du cinéma - pas comme ce Benchetrit, escroc réalisateur, voleur d'idées et piètre copiteur. Non avec Michel le rêveur, ses deux bouts de ficelles, ses trois cartons et ses millions d'idées, c'est différent: il fait resurgir en nous nos premiers souvenirs, nos premières émotions de cinéma
Bien aidé par Mos Def, une vraie découverte, l'outrancier showman Jack Black et le vétéran fatal Danny Glover, Michel nous entraine dans une histoire loufoque, tendre et humaniste qui n'est pas sans rappeler les grandes œuvres de Capra.
Il n'y a dans Be Kind Rewind aucune violence aucune vulgarité, on est hors du temps, hors de l'époque, si loin du bling-bling et de l'outrancier. On est bien tout simplement en compagnie de ces employés modestes d'un vidéo-club vétuste, de cette petite boutique qu'on aimerait bien avoir au coin de la rue.
Emotion, poésie, inventivité, un triptyque gagnant pour un film savant. Merci Michel de nous aider à nous évader 1h30 durant
Un regret? Que le film passe comme un souffle, léger comme la brise... Le film est fini, le rêve est passé...
Voilà, la critique originale était bien sure plus longue, peut être mieux mais c'est la règle du jeu, ainsi va la vie
Dernier point, si vous êtes en manque comme moi, tout n'est peut-être pas perdu, unissons nos forces et crions ce slogan fédérateur: "Suéder plus pour rêver plus"... Allez tous en coeur "SUEDER PLUS POUR REVER PLUS".
24-04-2008
HarveyJames Stewart est décidément l'incarnation parfaite de l'Américain moyen des années 40-50. Il en fait encore l'illustration parfaite dans ce joli film tiré d'une pièce de théâtre populaire.
Jimmy campe ici Elwood, un brave type un peu farfelu et surtout très seul qui pour peupler son monde s'est inventé un ami imaginaire, un lapin invisible nommé Harvey. Cet animal géant et gênant va provoquer une série de malentendus et de quiproquos assez savoureux entre Elwood, sa veuve de soeur (formidable Joséphine Hull qui remporta un Oscar pour ce rôle), un médecin, son assistante et un directeur d'hôpital psychiatrique
La mise en scène est rythmée et alerte, les dialogues sont truffées de bons mots et de réparties saillantes. On ne s'ennuie pas une seconde dans cette histoire rocambolesque qui, au final, prône (comme c'est original!) la tolérance et l'acceptation de la différence et même dans ce cas précis l'apologie de l'excentricité.
En réalité, Harvey, c'est un peu la face ensoleillée et joyeuse de Donnie Darko!
22-04-2008
Mein Führer - Die wirklich wahrste Wahrheit über Adolf HitlerPari difficile que de faire rire avec la 2eme guerre mondiale et Hitler. Là où un Charlie Chaplin ou un Ernst Lubitsch avaient brillamment réussi, Dani Levy échoue. Non pas que le réalisateur juif-allemand ne soit pas hautement sympathique et honnête mais sa tentative de farce burlesque tombe à plat.
Quand on sait que le film a été écrit, tourné et monté en moins de 6 mois, on comprend mieux l’impression de brouillon inachevé qui traverse le métrage de bout en bout. En plus, Lévy oscille trop entre franche comédie et drame intimiste et de fait le film ne trouve jamais son équilibre. L’idée de départ est déjà tellement absurde (les conseillers d’Hitler font appel à un grand acteur juif pour remotiver le Führer qui fait une dépression nerveuse) que tous les enjeux qui en découlent semblent soient totalement grotesques soit foncièrement dérangeants. Une comédie qui ne fait pas rire, c’est toujours problématique. Encore plus quand elle s’attaque à un sujet délicat.
On sent d’ailleurs dans le scénario que Lévy a exorcisé ses démons, son histoire personnelle dans ce film. Il s’est payé une psychanalyse étalant ses cauchemars et ses traumas sur grand écran. Certaines idées amusent (Goebbels la main dans le plâtre est figé dans un salut nazi permanent), d’autres choquent (notamment la désagréable impression laissé par les nombreuses références à l’enfance difficile d’Hitler, comme si le réalisateur le plaignait…) mais l’ensemble ne convainc guère
Il faut dire qu’Helge Scheider fait du dictateur un bouffon ridicule, un pantin attardé qui attire presque une pitié impensable. Bien sûr, il reste le plaisir de voir dans son dernier rôle le regretté Ulrich Mühe. Mais il ne peut sauver à lui tout seul un film trop vite écrit et trop vite filmé.
Reconnaissons toutefois au film le mérite d’avoir provoqué des débats et des réactions en Allemagne. Il restera d’ailleurs comme la première comédie sur Hitler en langue allemande. Espérons donc qu’il ouvre la voie à d’autres projets germaniques plus ambitieux et plus maitrisés dans la même veine comique, le genre étant un exercice parfait pour évacuer les démons noirs d’un lourd passé.
21-04-2008
Fievel et le Nouveau MondeFievel, c'est surtout un souvenir d'enfance, un parfum de nostalgie... On est tout jeune, tout petit et la salle obscure vous parait immense tout comme l'écran, blanc immaculé qui va devenir le temps d'un film un feu d'artifices de couleurs et d'émotions...
Et pour faire rêver et s'évader un petit garçon des années 1980, Don Bluth était un sacré spécialiste. Brisby et le secret de Nimh, Le petit dinosaure et la vallée des merveilles et donc Fievel, c'est lui.
Le schéma est simple mais efficace, identiques pour tous ses films: un héros tout jeune plongé dans une aventure merveilleuse, une quête d'apprentissage, semée d'embuches et de dangers mais où tout se finit évidemment bien...
Fievel est une petite souris débrouillarde, curieuse et vive qui prône de jolies valeurs comme la force de l'amitié, l'importance de toujours garder espoir, l'ouverture d'esprit et la tolérance. Le tout, s'il vous plait, avec délicatesse et poésie.
Et pour ne rien gâcher, l'animation - fluide et déliée entièrement faite à la main - est accompagnée d'une bande son entrainante avec des chansons gaies.
22 ans après sa sortie, Fievel reste un parfait divertissement pour les jeunes et ceux qui le sont restés...
18-04-2008
Dirty LoveUn film… non, pardon, une bouse telle « Dirty Love » mérite-t-elle seulement qu’on s’attarde quelques minutes à écrire quelques lignes sur son absence totale de qualités ? Bonne question pour un critique en herbe qui se trouve désarmé face à la nullité d’une telle « œuvre » qui n’arrache ni rire ni sourire pendant une interminable heure et demie.
Le pire, c’est que le film n’est même pas assez mauvais pour le trouver immédiatement kitsch et culte. Non, il est juste totalement creux et vide. Tous les gags tombent à plat, aucune réplique ne fait mouche. Comme si Jenny McCarthy avait écrit le scénario parfait à faire lire en école de cinéma pour montrer à des petits jeunes tout ce qu’il ne faut PAS faire. Pire, on pouvait se dire que la demoiselle était consciente d’avoir pondu un script alimentaire lui permettant d’arrondir ses fins de mois difficiles depuis qu’elle a passé la date de péremption pour poser nue dans Playboy. Mais non même pas, quand on l’écoute en interview, elle n’a aucun recul et adore toutes les vannes pourries qu’elle a pu pondre sans se rendre compte que Dirty Love atteint le niveau zéro de la création artistique.
Passe encore qu’une blonde écervelée potache et cancre s’amuse à essayer d’être drôle mais qu’un studio soit assez fou pour lui financer un tel projet prouve à quel point les chers financiers d’Hollywood prennent le public pour des veaux unineuronales… Écrasons aussi une larme pour les quelques arbres abattus pour pouvoir imprimer les jaquettes vulgaires et criardes d’un DVD inexplicablement distribué par Wild Side qui nous avait habitué à mieux, beaucoup mieux… (je passe sur les bonus du DVD inutiles, faussement provocs et racoleurs)
Vous vous doutez que le casting et la réalisation est à la hauteur du scénario : pathétique et vous aurez compris qu’on tient là très probablement l’un des plus mauvais films de l’année voire de la décennie… On comprend aisément pourquoi cette insulte au 7eme art est resté inédit en salles…
Dirty Love, salement nul !
14-04-2008
Arrivederci amore, ciaoAlors que depuis des années le cinéma anglais nous a donné l’habitude de nous offrir des drames sociaux ou des comédies policières délirantes, que le cinéma espagnol s’est spécialisé dans le genre fantastique et que le cinéma allemand explore son côté sombre des nazis à la Stasi, le cinéma italien lui se penche sur les années noires du terrorisme d’extrême gauche à travers des polars noirs et sans concessions.
Arrivederci Amore Ciao ne déroge pas à la règle : violence extrême, personnages interlopes, corruption et pot de vin, cokes et putes, tous les incontournables du genre sont bien présents…
Mais là où Romanzo Criminale suivait l’ascension puis la chute d’une bande mafieuse et où Nos Meilleures Années se servait de l’histoire d’une famille pour nous raconter l’histoire de l’Italie, Arriverderci Amore Ciao se concentre uniquement sur le parcours de Giorgio, un ancien terrorriste condamné par contumas à perpétuité qui après un exil en Amérique du Sud revient en Italie avec la ferme intention de se refaire une virginité.
Amoral, violent, impitoyable, Alessio Boni (déjà très en vue dans Nos Meilleures Années) campe un Giorgio sans remords ni regrets, prêt à tout pour obtenir sa réhabilitation. Face à lui, se dresse un flic véreux, sans scrupules et vénal interprété avec distance, ironie et charme vénéneux tout latin par un Michele Placido des grands jours (aussi réalisateur du sus-nommé Romanzo Criminale).
Pour orchestrer ce face-à-face impitoyable, Michele Soavi, qui se réclame à raison de Dario Argento, livre un film tour à tour sobre et baroque au montage nerveux et efficace. Des couleurs saturées d’une boite de strip-tease à l’éclairage chic et tamisé d’un restaurant de luxe en passant par l’obsurité profonde de nuits pluvieuses, la qualité de la photographie contribue beaucoup à l’atmosphère et à l’ambiance du film.
Quand à la conclusion finale - magnifique scène à la chorégraphie parfaite, elle laissera plus d’un spectateur pantois et dubitatif sur la condition humaine... Ce n’est pas là le moindre des mérites d’un film noir parfaitement maitrisé et envoutant.
Et l’amour dans tout ça me direz vous? Il n’en est en fait question … que dans la chanson clé du film qui lui donne son nom.
26-03-2008
Black SheepPour son tout premier film, Jonathan King semble marcher dans les pas de son compatriote Peter Jackson. Son « Black Sheep » fait en effet souvent penser aux « Braindead » et « Bad Taste » (qui a d’ailleurs été tourné dans la ville natale de King), œuvres de jeunesse de son illustre prédécesseur. Le long métrage récompensé au dernier festival de Gérardmer par le prix du Public et le prix spécial du Jury bénéficie d’ailleurs pour les effets spéciaux de l’aide et du savoir faire de Weta Workshop, déjà responsables de ceux de la trilogie du Seigneur des Anneaux.
La Nouvelle Zélande est un pays de 4 millions d’habitants pour 40 millions de paisibles moutons. Forcément, quand on imagine que les doux ovins peuvent devenir des carnivores assoiffés de sang, ça sent le massacre gore à plein nez. Et bingo, c’est exactement ce qui se passe. Sans se prendre une seule seconde au sérieux, Jonathan King nous conte une histoire à cauchemarder debout peuplée d’une galerie de personnages plus déglingués et abrutis les uns que les autres. Du héros allergique aux moutons suite à un trauma d’enfance aux activistes écolos allumés en passant par une gouvernante moins placide qu’il n’y parait, il ne leur sera rien épargné. Sans avoir l’air d’y toucher, le film aborde des sujets aussi sérieux que les manipulations génétiques, la conception de l’agriculture (ô combien importante au pays du long nuage blanc) ou la dénonciation du sectarisme bio et de la violence des associations écolos.
Même si le film est trippant et viscéral (expressions à prendre strictement au sabot, pardon au pied de la lettre) et que les répliques d’une débilité confondante font mouche, on aurait aimé de la part du réalisateur qu’il ose se lâcher encore plus dans le délire. On sent chez lui comme une certaine retenue, une politesse toute anglo-saxonne qu’il ne parvient à réellement abandonner que dans le dernier quart d’heure gore et drôle à souhait. Et quel plaisir de constater qu’une morsure de mouton contaminé à le même effet que celui d’un loup-garou. Cela donne une scène déjà vu dans « le loup garou de Londres » en plus absurde encore.
Acide, ironique, débile, drôle, gore, cynique, jouissif, autant de qualificatifs qui s’appliquent à Black Sheep que les distributeurs français ont eu l’intelligence de ne pas traduire. En imaginant le pire, on aurait pu avoir « L’attaque des moutons garous » ou « OGM – Ovins génétiquement modifiés ».
En tout cas, une chose est sure, les moutons mutants l’ont mauvaise … la laine !
18-03-2008
Bienvenue chez les Ch'tisHo, Biloute, en voilà une chtite comédie chympatique et réchouissante, HEIN!
Chans prétention ni tapage médiatique préalable, le deuxième film de Dany Boon emporte tout chur chon passage. Ce n'est plus un raz de marée, ch'est un phénomène de chochiété...
Certes, niveau réalisation, chez pas loin d'être du brin. Mais à la rigueur, chez pas bien grave. Dans une comédie, che qui compte c'est le rythme et les réparties. Et pour cha, pas de chouchis, le film remplit le quota haut-la-main. Entre répliques déjà cultes et vrai amour du Ch'Nord, Dany Boon redonne ses lettres de nobleche à une région plus habituée aux drames chur grand écran qu'aux envolées humoristiques
En reprenant tous les clichés éculés chur cha région pour mieux les dénoncher, Dany Boon dreche un portrait attachant et léger d'un endroit où il fait bon vivre. Et, pour ne rien gacher, du maroilles trempée dans l'chicorée du matin à la carbonade à la bière du soir en passant par la fameuse et incontournable fricadelle de la baraque à frites le midi, la gastronomie locale est fort appétissante
Mis à part Zoé Félix, charmante mais irritante, la troupe réunie autour de Dany Boon s'en donne à coeur joie: de Kad Merad, le chudiste désespéré qui braira finalement deux fois à l'ensemble des postiers de Bergues, on chent la franche déconnade et l'echprit de groupe. A signaler l'apparition croquignolesque et déchopilante de Galabru.
Pour les esprits chagrins, on peut évidemment regretter chertaines fachilités scénatistiques - comme l'adoption particulièrement rapide des moeurs locales par Kad et la fin légèrement baclée - mais che serait faire la fine bouche devant une comédie qui mérite vraiment son AOC «chinéma populaire», pas comme d'autres (suivez mon regard vers un petit Gaulois pas gaté par le petit nain Langmann, bref!)
Allez, chanté, Dany... et sapeau... Heu, non, pardon, CHAPEAU!
18-03-2008
La MômeTout ÇA pour ÇA??? Quelle déception et quel sentiment de gâchis! Car, oui, la Môme est ratée et dans les grandes largeurs. En même temps, qu'attendre d'Olivier Dahan si ce n'est un cinéma suffisant, boursouflé et prétentieux!
Il nous présente une Piaf égocentrique, égoiste et mesquine à laquelle il est parfaitement impossible de s'attacher. Dans ces conditions, Marion Cotillard a d'autant plus de mérite de réussir une telle performance d'actrice (parfait pour l'Oscar d'ailleurs, les Américains n'aiment rien tant que récompenser les jeunes et jolies actrices qui acceptent de se vieillir et de s'enlaidir). Son jeu n'est pas mis en valeur par un montage saccadé qui ne permet jamais de recoller les morceaux de vie de la Piaf selon Dahan. La Môme Marion n'a que quelques scènes pour faire ressortir une émotion vraie, brute, animale. Le reste du temps, elle est obligée de pleurnicher ou d'hurler à cause d'une direction d'acteurs déplorable qui impose une hystérie quasi permanente.
Il ne faut d'ailleurs malheureusement pas se leurrer: Dahan, pas particulièrement connu pour sa modestie, ne s'intéresse que finalement peu à Piaf. Ce qui l'importe, c'est de pouvoir livrer sa vision de l'ART torturé et contrarié tout en étalant son savoir faire technique. Le plan séquence qui annonce la mort de Cerdan est l'illustration parfaite de cette réalisation vaine qui se regarde le nombril narcissique. A côté de ça, Dahan ne connait qu'une seule forme de transition, le fondu au noir pesant!
Car, même si la vie de Piaf a été parsemée de drames qui font de sa trajectoire un vrai sujet de drame antique - seul aspect digne d'être traité selon Dahan, comment oublier ses amours contrariés à peine évoqués, sa soif de découverte, sa grande générosité et surtout, surtout son amour de la chanson
Alors, certes, on évite içi le biopic lisse, propre et exhaustif à l'américaine mais les images d'Epinal et les connotations religieuses foisonnent.
Il y avait pourtant en Piaf un sujet idéal de film et en Marion Cotillard une interprète d'exception. Mais même avec les meilleurs ingrédients du monde, la sauce ne peut pas prendre sans un bon artisan. Malheureusement Dahan est très loin de faire partie de cette catégorie. Dommage!